L'honnêteté de la présence

L'ADMIRATION POUR COMBLER LA DOULEUR

 

Dans le regard des autres, j'ai eu l'habitude dans mon enfance et mon adolescence de voir de l'admiration et de la reconnaissance.

Cela a pris le dessus sur la souffrance que je vivais au fond de moi, ça me donnait une force considérable.

 

Je crois que sans cette admiration, j'aurais eu énormément de mal à faire face à cette souffrance.

 

Je suis touchée aujourd'hui de voir la grâce de mon chemin, qui m'a menée assez tôt à mettre de la conscience en mon intériorité.

 

A partir de 19 ans, j'ai accueilli en conscience toutes les douleurs et les blessures qui resurgissaient de mes profondeurs.

J'ai trouvé l'Amour en moi...

 

 

 L'INTENTION DE L'ACTION

 

Ces dernières semaines, j'ai remis en question mes projets en me demandant :

"Pourquoi est-ce que j'agis ?"

J'ai tout arrêté, en envisageant de ne pas reprendre du tout.

Et j'ai compris deux choses :

 

La première, c'est que je n'ai plus de joie à agir pour obtenir un résultat alors que l'action en elle-même ne me nourrit pas.

J'ai à cœur d'honorer encore davantage ce qui se vit en moi dans l'instant.

J'ai envie de prendre le temps d'accueillir chaque stimulation, au lieu de tourner mon attention vers autre chose.

 

 L'ABONDANCE DES SENSATIONS

 

La deuxième chose que j'ai comprise, c'est que j'en ai marre de croire que l'abondance viendra sûrement dans le futur.

J'en ai marre d'être aveugle à l'abondance présente dans ma vie.

Et en premier lieu, à l'abondance présente en moi-même.

Quelle Source de Vie, jaillissante à chaque instant se trouve là !!!

 

Que les sensations qui me traversent soient confortables ou inconfortables, elles sont si pleines ! Si entières ! Rien ne manque ici !

 

Seules mes pensées à leur sujet interprètent qu'il y a un manque.

Le seul manque qui soit, c'est celui de ma présence consciente avec ces sensations.

Quand ma conscience est absente, alors oui je souffre.

C'est cela, la souffrance.

 

Je m'inflige ma propre souffrance en fuyant mes sensations.

Je conserve ma croyance comme quoi certaines sensations sont négatives, et que mon but pour être heureuse est de n'avoir que des sensations positives.

"Seulement alors, je pourrai être admirée et reconnue comme quelqu'un qui a réussi".

(En milieu spirituel, n'est-ce pas une croyance répandue ?)

 

Combien de temps allons-nous conserver cette croyance ?

Combien de temps allons-nous encore penser que nous manquons de quelque chose, et en même temps continuer à fuir nos sensations ?

 

Les sensations... c'est si simple, si accessible !

Et pourtant, ce sont elles que l'on fuit, et elles que l'on recherche.

On en veut certaines, et on en rejette d'autres.

 

.. Jusqu'au moment où nous prenons conscience que tant que nous en rejetteront certaines, nous nous infligerons le yoyo des joies et des colères, du bonheur et de la souffrance.

 

 

Si au contraire, nous pratiquons la présence consciente - c'est à dire le simple fait d'être conscient-e des sensations telles qu'elles sont dans le corps - alors nous observons une évolution progressive :

 

Nous avons de plus en plus de joie à être avec les sensations jusque-là jugée inconfortables.

Notre état profond se stabilise doucement, alors même que nos sensations évoluent.

 

Nous sommes de moins en moins sous l'emprise de la croyance qui dit que certaines sensations ne sont pas souhaitables.

Nous avons donc de moins en moins peur de les rencontrer, et il est donc plus aisé d'accueillir ce qui advient.

 

 

 

LORS DE BLESSURES RELATIONNELLES

 

Je tiens à préciser : je parle d'accueillir ce qui advient DANS NOS SENSATIONS.

Je ne souhaite pas qu'un amalgame soit fait entre nos sensations et le comportement d'autrui.

 

Accueillir ses sensations n'implique pas d'accepter le comportement des autres.

En revanche, c'est ce qui permet de transcender la boucle infernale du Jugement - Souffrance - Jugement - Souffrance.

 

Pour guérir une blessure relationnelle, la simple présence de la conscience au niveau des sensations fait le travail : elle emplit d'amour les parts de nous qui ont souffert, encore et encore, jusqu'au moment où la crispation n'est plus.

Toute autre pratique est au service de cette rencontre avec les sensations (et d'autres pratiques sont souvent d'une grande utilité, pour permettre cette rencontre profonde).

 

 

ENVIE DE PRATIQUER ?

 

Je suis touchée quand je vois d'un côté l'ampleur de la souffrance humaine, et de l'autre la simplicité et l'efficacité d'une telle pratique pour transcender la souffrance, qui est pourtant (apparemment) si peu connue et pratiquée.

 

Pour celles et ceux qui ont l'élan d'être initié-e-s à la méditation qui me soutient tellement dans cette pratique de la présence consciente, je vous la recommande vivement.

Il s'agit de la méditation Vipassana - qui signifie Voir la réalité telle qu'elle est - provenant directement de l'enseignement de Bouddha.

Elle est enseignée dans 33 pays, dont en France à Auxerre, au centre Dhamma Mahi : www.mahi.dhamma.org/fr  

 

Je vous souhaite une puissante rencontre avec ce que vous êtes, et vous remercie pour les commentaires que vous aurez l'élan d'écrire.

 

Aum

 

Mareva Cremer

 

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Commentaires: 3
  • #1

    Éric Fontaine (samedi, 27 avril 2019 22:45)

    Je suis en accord à ce qui a été dit. Ces paroles me touchent et me soutiennent beaucoup Mareva car je ressens du sens et la profondeur nécessaire à ce sujet important et central chez nous les Hommes ; la souffrance et la porte d'accès à la délivrance émotionnel.
    J'ai remarqué que tu précises à propos les sensations et des comportements qui les suscites que le traitement doit se faire de manière différencier .
    Chose à laquelle justement notre culture n'incite ou n'invite pas du tout , du tout.
    Et d'ailleurs ce comportement gênant , si l'on parle avec clarté de son désaccord avec une personne ayant ce comportement là...certain abondent dans leur connerie et sont capable d'aller encore plus loin estimant que notre démarche provient d'une faiblesse , il entre dans la brèche. C'est ce que je vis avec ma mère personnalité multiple avec trouble paranoïaque suite à plusieurs chocs traumatiques nous soigné.
    Je me demande encore quel est l'attitude à avoir avec quelqu'un d'aussi proche et d'aussi étranger !!!
    merci pour ce partage.

  • #2

    Serge Neri (samedi, 04 mai 2019 05:57)

    Très vrai un ange vien de passé.gratitude infinie ��Merci

  • #3

    Mareva Cremer (mardi, 07 mai 2019 13:25)

    Bonjour Eric Fontaine, merci pour ton partage.
    J'entends à quel point c'est délicat pour toi de savoir comment te positionner avec ta mère, en sachant notamment les jugements qui peuvent émerger lorsque nous exprimons notre désaccord.

    Tout d'abord, il est bon d'être au clair avec le fait que ces jugements, tant qu'ils nous affectent, sont à l'intérieur de soi :

    Je t'invite à vérifier : n'y a-t-il pas en toi :
    - Une part qui est exaspérée dans les moments où le contact avec ta mère stimule de l'inconfort en toi, (cette part aimerait juste être en paix) ;
    - Et une part qui exerce une retenue de ton expression/positionnement, parce qu'elle a à cœur de prendre soin, et elle a peur que d'être authentique n'y contribue pas ?

    Peut-être que jusqu'à maintenant, ton système choisit d'aller dans le sens de la retenue, pour éviter la violence des jugements que pourrait émettre cette deuxième part à ton sujet si tu choisissais de prendre soin de la première ?
    En attendant, la violence à l'intérieur est quand-même vécue.

    La voie du milieu à mes yeux, serait d'accueillir les peurs de cette deuxième part, en conscientisant ses croyances comme quoi "ce ne serait pas prendre soin que de t'exprimer et de poser les actions qui te feraient du bien".

    Est-ce que ça te parle ?
    Je t'invite à lire l'article "DE L’INQUIÉTUDE A LA FOI", dans lequel je parle justement du lien entre la souffrance de l'autre et la notre :
    www.accompagnement-metamorphose-interieure.com/inquietude-foi